Décentralisation – Démocratie Sociale –Diversité
Les 3D de la refondation
Chèr(e)s collègues,
Le 23 janvier 2007, en application du monopole de présentation au premier tour des élections professionnelles, seuls les syndicats autorisés par l’employeur ont pu se présenter à vos suffrages. En vous abstenant massivement vous avez clairement exprimé votre rejet de ce système, et imposé ainsi la tenue d’élections libres. Nous vous en remercions mais c’est pour nous , pour vous, une bien triste «victoire». Lorsque autant de salariés choisissent de boycotter une élection on ne peut plus parler de défiance passagère. Le scrutin du 23 janvier marque la faillite d’une certaine démocratie sociale .
Il y a maintenant quinze ans, un groupe de jeunes enseignants originaires de toute l’Occitanie a pressenti que les pesanteurs du centralisme menaient notre système éducatif dans l’impasse. Ainsi est né le SOE, Syndicat Occitan de l’Education, dont le siège social a été symboliquement localisé en Gironde. Le gâchis humain et financier d’une gestion jacobine n’a depuis fait qu’empirer sans que les syndicats parisiens ne s’attaquent aux racines du mal. Comment le pourraient-ils d’ailleurs, eux dont la grille d’analyse ne diffère pas fondamentalement de celle des décideurs ? En fin de compte, le dialogue social se finit toujours en marchandage budgétaire, à Paris.
Cette situation , dont les contreparties sont la grève et le rapport de force permanents, ne sert personne. Les structures s’entrecroisent, les réformes inabouties s’empilent, l’orientation des jeunes est toujours aussi catastrophique , et finalement, lorsque l’immense machine ne peut plus faire face à ses contradictions, c’est le secteur privé qui ramasse la mise. Est-ce là l’égalité républicaine ? Est-ce là une vision conforme à l’ exigence d’un grand service public de proximité ?
Le SOE a toujours dénoncé cette logique, ce jeu malsain d’une démocratie sociale viciée. La refondation que nous appelons de nos vœux s’appuiera sur une décentralisation radicale, une autonomie effective des personnels et des établissements, dans des territoires eux-mêmes engagés dans la promotion d’un service public de recherche et d’éducation. C’est ainsi que fonctionnent tous les pays qui réussissent mieux. Et c’est ainsi que l’on redonnera un minimum de sens collectif à nos métiers. Il n’y a pas de fatalité au désenchantement, le progrès social est toujours possible. En soutenant le SOE, vous poserez l’existence d’une autre voie possible.
UNE AUTRE VISION DE L’ EDUCATION DECENTRALISATIONL’autonomie des universités est une façade : les fonds de financement demeurent en grande partie contrôlés par Paris. Si une forme de centralisation peut se justifier à la marge, pour des domaines de recherche très particuliers, une large liberté de manœuvre doit être la règle. Ceci vaut pour le nombre comme la répartition des personnels, le choix et l’évolution des filières, la diversification et l’évolution des partenariats. Les Régions en particulier doivent avoir un rôle prépondérant : territoire à taille humaine, mais suffisamment vaste pour développer une véritable politique éducative propre, la Région est l’échelon le mieux adapté.
DIVERSITECette décentralisation radicale que le SOE appelle de ses vœux n’a de sens que si le pouvoir ainsi déployé s’exerce conformément aux intérêts et aux valeurs propres à chaque région. Elle devra notamment attester un souci constant de mise en valeur de la personnalité régionale. En soutenant le SOE vous aurez l’assurance que le fait culturel occitan sera posé dans tous les établissements d’Occitanie, territoire historique de langue d’Òc, de Bayonne à Menton, des Pyrénées et de Leucate à Libourne, Montluçon et Romans. Notre engagement couvrira tous les secteurs, de l’histoire à la linguistique, de l’architecture aux sciences de l’éducation, de la géographie aux beaux-arts, de l’économie à l’ethnologie. Nous demandons par ailleurs la généralisation dans tous les établissements d’Occitanie d’une signalétique bilingue, et la mise en place systématique –dans le cadre des plans régionaux de promotion linguistique qui émergent un peu partout- d’une offre généralisée de cours d’occitan à tous les personnels de l’enseignement supérieur.
DEMOCRATIE SOCIALEDétaché de son terreau d’origine –la vie quotidienne des établissements- le syndicalisme universitaire a perdu l’essentiel de sa force vitale, mais pas son pouvoir. Et s’il s’est peu à peu transformé en technostructure autonome, nous mesurons chaque jour l’étendue des dégâts d’une co-gestion échappant largement aux salariés : procédures surréalistes d’affectation des enseignants, blocages structurels face à toute innovation pédagogique, cooptation à peine voilée pour certains recrutements, opacité dans l’affectation des ressources financières….Le SOE a toujours dénoncé ce type de co-gestion qui favorise les doublons, le flou dans les périmètres d’intervention, les jeux de pouvoirs, et pour finir , parce qu’il faut bien que tourne la machine, qui banalise combines et petits arrangements. Insidieusement, elle a substitué la cooptation discrète à la rigueur démocratique. En soutenant le SOE, vous marquerez votre attachement à un syndicalisme exigeant, indépendant de tout pouvoir politique ou financier, fût-il d’Etat, un syndicalisme enraciné , autonome, et transparent.
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Décentralisation – Démocratie Sociale –Diversité
Les 3D de la refondation
Chèr(e)s collègues,
Le 23 janvier 2007, en application du monopole de présentation au premier tour des élections professionnelles, seuls les syndicats autorisés par l’employeur ont pu se présenter à vos suffrages. En vous abstenant massivement vous avez clairement exprimé votre rejet de ce système, et imposé ainsi la tenue d’élections libres. Nous vous en remercions mais c’est pour nous , pour vous, une bien triste «victoire». Lorsque autant de salariés choisissent de boycotter une élection on ne peut plus parler de défiance passagère. Le scrutin du 23 janvier marque la faillite d’une certaine démocratie sociale .
Il y a maintenant quinze ans, un groupe de jeunes enseignants originaires de toute l’Occitanie a pressenti que les pesanteurs du centralisme menaient notre système éducatif dans l’impasse. Ainsi est né le SOE, Syndicat Occitan de l’Education, dont le siège social a été symboliquement localisé en Gironde. Le gâchis humain et financier d’une gestion jacobine n’a depuis fait qu’empirer sans que les syndicats parisiens ne s’attaquent aux racines du mal. Comment le pourraient-ils d’ailleurs, eux dont la grille d’analyse ne diffère pas fondamentalement de celle des décideurs ? En fin de compte, le dialogue social se finit toujours en marchandage budgétaire, à Paris.
Cette situation , dont les contreparties sont la grève et le rapport de force permanents, ne sert personne. Les structures s’entrecroisent, les réformes inabouties s’empilent, l’orientation des jeunes est toujours aussi catastrophique , et finalement, lorsque l’immense machine ne peut plus faire face à ses contradictions, c’est le secteur privé qui ramasse la mise. Est-ce là l’égalité républicaine ? Est-ce là une vision conforme à l’ exigence d’un grand service public de proximité ?
Le SOE a toujours dénoncé cette logique, ce jeu malsain d’une démocratie sociale viciée. La refondation que nous appelons de nos vœux s’appuiera sur une décentralisation radicale, une autonomie effective des personnels et des établissements, dans des territoires eux-mêmes engagés dans la promotion d’un service public de recherche et d’éducation. C’est ainsi que fonctionnent tous les pays qui réussissent mieux. Et c’est ainsi que l’on redonnera un minimum de sens collectif à nos métiers. Il n’y a pas de fatalité au désenchantement, le progrès social est toujours possible. En soutenant le SOE, vous poserez l’existence d’une autre voie possible.
UNE AUTRE VISION DE L’ EDUCATION DECENTRALISATIONL’autonomie des universités est une façade : les fonds de financement demeurent en grande partie contrôlés par Paris. Si une forme de centralisation peut se justifier à la marge, pour des domaines de recherche très particuliers, une large liberté de manœuvre doit être la règle. Ceci vaut pour le nombre comme la répartition des personnels, le choix et l’évolution des filières, la diversification et l’évolution des partenariats. Les Régions en particulier doivent avoir un rôle prépondérant : territoire à taille humaine, mais suffisamment vaste pour développer une véritable politique éducative propre, la Région est l’échelon le mieux adapté.
DIVERSITECette décentralisation radicale que le SOE appelle de ses vœux n’a de sens que si le pouvoir ainsi déployé s’exerce conformément aux intérêts et aux valeurs propres à chaque région. Elle devra notamment attester un souci constant de mise en valeur de la personnalité régionale. En soutenant le SOE vous aurez l’assurance que le fait culturel occitan sera posé dans tous les établissements d’Occitanie, territoire historique de langue d’Òc, de Bayonne à Menton, des Pyrénées et de Leucate à Libourne, Montluçon et Romans. Notre engagement couvrira tous les secteurs, de l’histoire à la linguistique, de l’architecture aux sciences de l’éducation, de la géographie aux beaux-arts, de l’économie à l’ethnologie. Nous demandons par ailleurs la généralisation dans tous les établissements d’Occitanie d’une signalétique bilingue, et la mise en place systématique –dans le cadre des plans régionaux de promotion linguistique qui émergent un peu partout- d’une offre généralisée de cours d’occitan à tous les personnels de l’enseignement supérieur.
DEMOCRATIE SOCIALEDétaché de son terreau d’origine –la vie quotidienne des établissements- le syndicalisme universitaire a perdu l’essentiel de sa force vitale, mais pas son pouvoir. Et s’il s’est peu à peu transformé en technostructure autonome, nous mesurons chaque jour l’étendue des dégâts d’une co-gestion échappant largement aux salariés : procédures surréalistes d’affectation des enseignants, blocages structurels face à toute innovation pédagogique, cooptation à peine voilée pour certains recrutements, opacité dans l’affectation des ressources financières….Le SOE a toujours dénoncé ce type de co-gestion qui favorise les doublons, le flou dans les périmètres d’intervention, les jeux de pouvoirs, et pour finir , parce qu’il faut bien que tourne la machine, qui banalise combines et petits arrangements. Insidieusement, elle a substitué la cooptation discrète à la rigueur démocratique. En soutenant le SOE, vous marquerez votre attachement à un syndicalisme exigeant, indépendant de tout pouvoir politique ou financier, fût-il d’Etat, un syndicalisme enraciné , autonome, et transparent.
